En 2002, Fleuve Noir a entamé la publication d’une nouvelle saga : Fearless, de Francine Pascal. Avortée après seulement quelques tomes, la série s’est pourtant poursuivie sur plus d’une trentaine de tomes aux Etats-Unis.

C’est l’histoire de Gaia, la fille née sans le gène de la peur, assez antipathique, mystérieuse, mais aussi capable d’accomplir tous les défis du monde car étrangère à la crainte. S’attirant les ennuis de la terre entière, elle a pour seul ami Ed, un jeune garçon paraplégique et est secrètement amoureuse de Sam, le beau gosse du campus.

Ouais, ok, vu d’ici, c’est pas hyper. Cependant, la couverture avait surpassé la 4e de couverture à l’époque et j’avais dévoré le premier tome en… Dans la journée. J’étais repartie chercher le second le lendemain. Quelle n’ap as été ma tristesse lorsque Fleuve Noir a arrêté la publication. J’ai donc dû me rabattre sur les éditions américaines.

Gaia et moi, c’est une grande histoire d’amour. Au-delà du côté un peu bateau de la présentation, on y découvre des personnages hauts en couleur et une histoire halétante faite de complots et de suspense. Le seul souci étant que Gaia est au coeur de tout et que forcément, au bout de plusieurs tomes, ça peut devenir lassant. Tout le monde la veut, tout le monde la cherche pour faire des analyses et des tests, on apprend aussi que ses parents étaient des agents secrets et que son père est en fait toujours en vie et qu’il a un jumeau maléfique ! En fait, quand on prend un peu de recul, ça ressemble un peu à ALIAS de J.J. Abrams, non ? Vous trouvez pas ?

C’était une très bonne série, j’ai le dernier tome, je me suis dit qu’un jour, je le lirai pour savoir comment ça se termine. Il y a bien eu une série tv de prévue avec Rachel Leigh Cook dans le rôle de Gaia, ainsi que Bianca Lawson et Eric Balfour pour le scooby gang… Malheureusement, le pilot n’a pas été choisi par la chaîne et la série est repartie dans les cartons avant même qu’on lui donne une chance. C’était pas si mauvais il y avait du potentiel ! Plus qu’inspirée par la première saga, la série retraçait la suite écrite par Francine Pascal, lorsque Gaia rejoint le FBI.

Mais qu’ai-je appris de tout ça ? À première vue, rien de bien extraordinaire, juste un roman de fiction pour ados. Détrompez-vous, si je n’ai jamais terminé la série, c’est simplement parce que mes intérêts ont changé au fil du temps. J’en ai pourtant tiré une sacrée leçon. En lisant Animorphs, je pensais pouvoir ma transformer en mon chien. (j’ai été une enfant, comme tout le monde) Avec Gaia, je me suis crue invincible. Je voulais être comme elle, je refusais qu’on me dise ce que je ne pouvais pas faire, je voulais montrer à tout le monde que je n’avais pas peur ! Étant sujette à de nombreux cauchemars, et plus rarement des terreurs nocturnes, je pensais que contrôler ma peur et la supprimer de mon élément m’aiderait à grandir.

J’avais tort. C’est en rencontrant Bogdan que j’apprendrai une autre leçon qui changera tout. Car sans peur, il n’y a pas de courage. Je comprendrai alors que le but n’est pas de ne pas avoir peur, mais de trouver un moyen de surmonter celle-ci. En attendant, l’enfant que je suis aujourd’hui continue de grandir en se forgeant une bonne carapace car même si avec l’âge, j’ai fini par penser différemment, je n’aurais pas pu devenir celle que je suis sans l’enfant que j’ai été. Et avoir appris à ne pas avoir peur m’a aidée à l’accepter.

Souvent, les gens me demandent comment j’arrive à faire ci ou ça, me qualifient de courageuse etc… Ce qu’ils ne savent pas, c’est à quel point tout me terrifie. Vraiment. Mais quand je suis face à quelque chose qui me défie, je respire profondément. Je compte jusqu’à 10 et je me lance ! Parce que quoiqu’il arrive, PERSONNE n’avancera pour moi. C’est à moi de le faire, c’est à moi de prouver ce dont je suis capable. Et je veux être capable de tout, comme Gaia, mais pas sans peur.

Aujourd’hui, mes peurs sont des moteurs robustes qui ne me paralysent plus mais me rendent plus forte chaque jour un peu plus.

Ce que je vous répète depuis des mois, à présent, ce n’est pas de moi. C’est de Bogdan.

JE N’AI PLUS PEUR D’AVOIR PEUR.

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